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Quelle évolution pour nos chers stylos ?...ou "Portrait du stylo idéal"

par Monsieur Jean BUCHSER (Article sur le Stylographe n° 37 du mois de Juin 2012

Je me suis pris à rêver … .je connais les stylos les plus anciens, j’ai testé un modèle de chez Waterman’s, produit 5 ans après la fondation de la maison New-yorkaise, en 1888. Un tube d’ébonite, rempli au compte-goutte, équipé d’une plume et du fameux conduit inventé par Lewis Edson Waterman en 1883 …

J’ai tenu dans mes mains les premiers stylos en celluloïd, de chez Le Bœuf, vieux de 90 ans et toujours aussi beaux qu’au premier jour, quand le « plastique» était une matière semi-précieuse. J’ai écrit avec le Parker 51 de ma mère, alors quelle lavait acheté en 1960 ; j’ai usé la plume de mon Parker 75, dans la fin des années 70. Je conserve avec amour mon Waterman Man 100 acquis en 1983, lors du centenaire de la marque, et je me régale avec mes Montblanc, Omas, Pilot, Delta, Visconti, Pelikan ou Cross contemporain…

A   quoi ressemblera notre stylo de demain ?...

 Comment cet objet, dont le principe fonctionnel date de 1883, et est toujours à la base de la production actuelle, peut-il évoluer ? Que reste-t-il à inventer ? Les stylos sont-ils arrivés au point ultime de leur évolution ? Le circuit imprimé et les nanotechnologies seront-elles   à nos chers stylos ce que les météorites ont été aux sauriens primitifs ? Mon rêve devient-il cauchemar ? Au réveil , je réfléchis : Evoluer, oui, mais comment ?...

La forme ?

A la base, le stylo reste un tube contenant de l’encre. Sa prise en main suppose qu’il en soit ainsi. On a déjà vu des stylos de section ronde, à        facettes, triangulaires, voire carrés. Les uns sont plutôt longs (16 cm environ, capuchon fermé), les autres plutôt courts (8 à 9 cm, pour les stylos « utilisables »). Certains sont plutôt gros, les autres plutôt fins. Le diamètre évoluant entre 0.5 et 2 cm entre les extrêmes. Ri en ne permet de penser que es choses vont évoluer dans ce domaine. Il y aura es modes, mais les évolutions se feront da ns les limites décrites ici.

Le capuchon ? 

Avec ou sans ? On connaît. Capuchon à vis, à friction, à encliquetage ou magnétique ? On a expérimenté. ..Rond, pointu, à sommet plat, en chapeau chinois, oblique ou tronconique ? On a vu. Long et recouvrant presque tout le corps, ou court comme sur les safeties ? Rien de neuf ! Dans ce domaine, rien de bien nouveau à espérer, par rapport ce que l’histoire ancienne ou récente a produit... 

L‘agrafe ?  

Avec ou sans, flexible ou montée sur ressort, articulée, à pointe pour dissuader les pickpockets, roulette pour favoriser l’introduction en poche, sculptée ou sobre montée sur bague el amovible. Escamotable, en argent ou en or… On voit mal comment le génie créatif pourrait encore nous proposer de réelles nouveautés dans ce domaine !

La matière ?

Dans ce domaine aussi, le passé a été riche : Or, argent, vermeil, bronze, platine, aluminium, titane. Céramique. Voire porcelaine ont connu une exploitation stylographique. Le bois, dans les essences les plus variées, l’ivoire, y compris : préhistorique, la galalithe, le celluloïd, les résines plastiques, la bakélite, l’ébonite, la fibre de carbone, les métaux tressés. La pierre, de lave ou autre. Ont déjà été mis en œuvre. Il reste dans le domaine des matériaux, de vastes champs non encore explorés. La chimie et la physique produisent chaque année des matières aux propriétés les plus étonnantes. Il parait tout à fait logique que l’industrie du stylo s’intéresse à ces matières, souvent composites, ou à base d’alliages, pour fabriquer les corps et capuchons : des stylos de demain. Voilà donc un aspect du stylo susceptible d’évoluer encore, en particulier vers plus de légèreté, de solidité, de qualités préhensiles, voire hygiéniques (matières autonettoyantes). On peut aussi imaginer l’utilisation de matières à aspect changeant, ou à mémoire de forme, sans compter les surprises que la science nous promet dans un avenir plus ou moins proche. 

Les plumes ?

Cet élément essentiel du stylo a varié dans sa taille et dans les matériaux mis en œuvre, beaucoup moins souvent dans sa forme. D’or ou de métal d’alliages divers, de platine voire de plastique, les plumes se sont rencontrées pointues et arrondies, triangulaires q et plates, ou encore tubulaires. S’il Y a peu de chance u de voir les formes diverger encore, on peut penser n que les matières nouvelles peuvent répondre aux attentes des fabricants et des utilisateurs (durée de vie, souplesse, résistance à la corrosion de l’encre, douceur sur le papier, coût de production. Etc. …)

Le conduit ?

La caractéristique d’origine de cette petite pièce qui « conduit) l’encre du réservoir à la plume, a été conservée aux cours des années : pièce creusée de plusieurs canaux destinés à assurer un écoulement régulier de l’encre et la remontée progressive d’air dans le réservoir, sans lequel l’encre ne s’écoule il plus. Le conduit est en ébonite ou en plastique. Il est «under feed» ou «over feed », c’est-à-dire situé au-dessous ou au-dessus de la plume et rien ne permet de penser qu’il puisse encore évoluer sensiblement. Avec le temps il s’est doté d’ailettes pour capturer les excédents d’encre liés aux variations de pression · ou de fluidité de l’encre, et si le dessin des conduits peut encore changer pour un meilleur rendement, il ne devrait pas être révolutionné dans l’avenir.

Le mode de remplissage ?

Voilà un domaine où les « Géo Trouvetout » ont sévi au cours des premières décennies du stylo … ! Remplissage au compte-goutte, à même le corps, remplissage d’une vessie de caoutchouc par levier, bouton-poussoir. Torsion ou pression directe. Remplissage à piston, à capillarité, à cartouches en verre ou en plastique …. On a tout essayé ! Peut-on Faire mieux ? On pourrait imaginer une cartouche plus facile à changer, sans avoir à dévisser le corps, par exemple … , juste insérée à l’extrémité du corps, t simple à extraire. Serait-ce esthétique ? Je n’en suis pas sûr ! 

L’encre ?

Fluide, ou en pastilles à diluer, le passé a été inventif ! Savant équilibre entre fluidité optimale et séchage rapide, les encres d’aujourd’hui sont très abouties. On trouve une large palette de couleurs, et c’est peut-être dans ce domaine qu’il faut attendre des évolutions, avec pourquoi pas, des encres aux couleurs changeantes en fonction de la température, aux couleurs sur mesure» etc...    

Demain, le stylo idéal ?

Il ne sera pas révolutionnaire. Il sera le fruit d’une évolution et vraisemblablement la synthèse de ce qui s’est fait de mieux au cours du temps, avec  une pincée d’innovation, notamment s’agissant des matières mises en œuvre.

Son portrait-robot ?

Il varie, selon ce que chaque utilisateur attend de son stylo. Les uns privilégieront le style. Les autres les matériaux, les troisièmes, les qualités d’écriture…Le mien sera léger, très ergonomique, Insensible aux rayures. Sans capuchon à manipuler. Doté j’une grande plume souple et dotée d’un conduit qui sera mobile avec elle pour éviter les ruptures dans l’alimentation d’encre. L’agrafe sera discrète, Je remplissage à cartouches recyc1ables, et l’encre ineffaçable sur le papier. Mais rapide à nettoyer sur les mains ou les tissus ! A vous de rêver avec moi ….

 

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