ST DUPONT Atelier

S.T DUPONT LIGNE D « ATELIER » laque de Chine marbrée marron foncé

 

La récente saga publiée dans Le Stylographe (numéro 46) vous aura permis de redécouvrir l'histoire extraordinaire de S.T.Dupont et la place de la laque dans les productions de ce fleuron français du luxe dans l'art d'écrire, l'art du feu et celui du voyage.

Dans l'univers « Art de l’Ecriture », le ligne D prend la suite de l’Elysée. Le ligne D « Atelier » fait honneur aux artisans laqueurs de chez S.T.Dupont dans ces nouvelles fnitions laquées marron sombre ou bleu. Grand stylo aux lignes masculines, il coiffe la gamme, à l'exception des somptueuses séries limitées proposées par la maison parisienne. Le capuchon, en aluminium laqué (pour plus de légèreté), est de forme légèrement arrondie et assez courte par rapport à la longueur du corps. Ces proportions sont caractéristiques du design S.T.Dupont. On les retrouvait déjà sur le Montparnasse, il y a trente ans. Le logo de la maison vient coiffer le capuchon sur une pastille laquée en noir. Le clip est rectiligne avec une arête centrale et aussi long que le capuchon. Il est articulé sur ressort et comporte une entaille en losange qui joue avec la lumière. Les attributs plaqués or, et ce retour à l'or jaune est particulièrement heureux avec ce stylo laqué marron, façon écaille de tortue ! On ne peut mieux rappeler la combinaison des traditions d'orfèvre et de laqueur de S.T.Dupont ! Et je dois avouer que je commençais à me fatiguer de ces stylos de toutes les marques qui renient le métal roi au profit de l'aspect chromé, et ce quelle que soit la couleur de l'instrument !

Une fine bague tronconique vient se placer à l'ouverture du capuchon et faire le lien visuel avec la large bague du corps. Elle porte le nom S.T.Dupont et l'année de création de l'atelier de Faverges : 1953.

Le corps en laiton laqué est rectiligne et fuselé et se termine par un enjoliveur plaqué or. L'ensemble est très réussi et d'une élégance intemporelle. Les nuances de laque véritable qui varient du marron sombre au doré donnent de la profondeur et un aspect presque soyeux au stylo et témoignent du savoir-faire des artisans de l'Atelier.

J'ouvre le capuchon et teste immédiatement l'encliquetage : doux et sonore, il émet ce « clic» particulier, clair et presque musical, qui rappelle celui des capots des fameux briquets S.T.Dupont ! Je remarque la maîtrise totale de la qualité de fabrication. Les ajustements sont parfaits et les jonctions laque/métal impeccables.

La section est une magnifique pièce de métal plaqué or et elle comporte une butée pour les doigts. Elle reçoit la plume or 18 carats à bords à volutes que l'on connaissait déjà sur l'OIympio. Les gravures qui ornent la plume sont sobres et en accord avec la ligne du stylo. La prise en main est excellente. Le poids du Ligne D en laque est consistant, mais sans être lourd, et ceux qui veulent absolument poster leur capuchon pourront le faire sans rompre le bel équilibre en main, du fait du poids réduit de celui-ci.

Il me tarde d'essayer ce bel objet, pour m'assurer qu'il est un bon stylo... Je n'utilise pas le converter mais une simple cartouche que je percute sur un stylo livré neuf. L'encre arrive immédiatement au bout de la plume ! Je me souviens de ces stylos où l'amorce est interminable... Ici, le conduit est d'une telle efficacité que l'opération est instantanée ! L'un des papiers est doux, un autre plus grainé. La plume court, glisse, vole presque... La douceur est remarquable. Je note au passage l'absence totale de flexibilité et la constance absolue du trait, sous toute incidence, ainsi que la régularité parfaite du flux. Une fois encore, au risque de me répéter, je réaffirme que la recherche actuelle de flexibilité n'a de sens que si on sait maîtriser les pleins et les déliés. Pour la grande majorité des scripteurs, une plume trop flexible sera déroutante. S.T.Dupont a ainsi raison de privilégier la douceur à la souplesse. L'écriture rapide et au quotidien en sera beaucoup plus agréable.

Je ne me lasse pas de ce Ligne D S.T.Dupont... Esthétique classique réussie, poids idéal, talent certain à l'écriture, je suis conquis !

Le prix ? Il est à peine supérieur à celui de stylos en résine proposés par d'autres marques...

Ligne D ? D comme divin ! *

EXTRAIT DE "LES TESTS SOUS LA LOUPE"  DE JEAN BUCHSER – LE STYLOGRAPH n° 49