Ancora Paua 1

La société Ancora, créée en 1909 par Giuseppe Zanini à Sesto Calende, est sans doute la marque de stylos la plus ancienne d'Italie. À l'origine, un commerce de fournitures de bureau, de livres et de jouets. En 1919, Zanini enregistre sa firme sous le nom de Primaria Fabbrica Penne Stilografiche Ancora et commence à assembler des stylos. Son emblème est un motif estampé qui représente une ancre soutenant un stylo.

 

 La production des débuts comprend des safeties et des modèles classiques à compte-gouttes en ébonite noire. Ce n'est qu'en 1929 que l'entreprise réalise intégralement ses premiers stylos.

 

Dans les années 1930, la société, reprise par Alfredo Zanini, le fils du fondateur, s'installe à Arona. Elle commercialise alors une gamme de modèles en Celluloïd aux couleurs sophistiquées et d'aspects variés. Et dans les années 1950 et 1960, Ancora fabrique des stylos moulés par injection, dont les plumes s'apparentent à celles du « 51 » de Parker. Éprouvée, comme tous ses concurrents, par l'arrivée de la pointe bille, la marque tente de séduire une clientèle plus jeune et plus populaire, mais, malgré ses efforts, elle doit cesser ses activités en 1975.

 

 En 1997, M. Santini la rachète et revient sur le marché de l'écriture avec le « Paua ».

 

Après des années d'oubli, Ancora choisit pour ce premier modèle l'un des plus anciens matériaux utilisés pour l'habillage des stylos, puis longtemps ignoré du fait de son important coût : la nacre, ou abalone. Le réservoir, le capuchon et la section du «Paua» sont en ébonite, alors que le corps est habillé de bandes de nacre. La transformation du coquillage est un travail de longue haleine et il faut plus de trente opérations manuelles pour façonner le corps de chaque stylo. L'artisan spécialisé dans ce travail délicat sélectionne un coquillage pour un stylo, le nettoie et le coupe en petits fragments en en travaillant patiemment la courbe naturelle. Plusieurs lamelles d'environ 50 millimètres de long sont reconstituées avec une infinité de minces éclats de quelques millimètres, assemblés un à un. Les plus beaux morceaux de nacre sont juxtaposés en une mosaïque précieuse qui épouse le corps en ébonite rouge du stylo. Grâce à ce savoir-faire manuel et parce qu'aucun coquillage n'est semblable, chaque stylo est une pièce unique.

 

Extrait de 100 Stylos de Légende de Nathalie Valax, Isabelle Chabeur et Bruno Lussato édité en Septembre 2001 chez les Editions SOLAR Paris

 

Ci-dessus, le stylo plume « Paua » en ébonite et en nacre est muni de bagues et d’un clip en vermeil dont la tête est celle d’un dragon aux yeux de topaze