LA PLUME METALLIQUE : Même si l'on signale l'apparition de plume de cuivre en Egypte, de plumes de bronze à Rome, de plumes d'or ou d'argent au Moyen Âge, leur piètre souplesse et leur rapide corrosion au contact de l'encre, ne leur ont pas permis de détrôner les plumes d'oiseau et elles restaient objet d'artisanat et de curiosité. Il faudra attendre l'apparition d'aciers ayant la résistance et la souplesse nécessaire pour que la plume métallique prenne une première place. En 1750, un magistrat prussien d'origine d'Aix la Chapelle, Johann Jantssen, revendique l'invention d'une plume métallique : " sans me vanter, je crois pouvoir prétendre à l'honneur d'avoir inventé une plume nouvelle !...

Les Zones d'ombre de l'histoire empêchent tout éclaircissement à ce sujet. Une brochure documentaire française de 1750 affirme quant à elle que l'inventeur est...français, pour d'autres, il fallut attendre 1830 qu'un certain Arnoux crée un bec métallique dont l'usage se répandit assez largement vers la fin de la Restauration. Le Boston Mecchanic revendique, lui, la paternité américaine de cette même plume d'acier, elle aurait été inventée par " un citoyen honorablement connu dans notre ville, M.Peregrine Willanson..." un brevet d'invention aurait été déposé le 22 Novembre 1809. Une publication allemande de 1808 attribuait, quant à elle, cette invention à un maître d'école de Koenigsberg. En 1780, Samuel Harrison, en Angleterre, a produit quelques plumes métalliques fort rigides.

En fait, il est probable que la nécessité se faisant sentir, la plume métallique fut mise au point simultanément dans différents pays. La difficulté consistait à retrouver les qualités de la plume d'oie. Les premières plumes d'acier fabriquées à la main déchiraient le papier. Les procédés mécaniques permirent une production en masse de plumes de qualité. La plume métallique devient alors un bec de plume que l'on insère dans un porte plume. Les prix chutant, elle devient l'un des premiers produits jetables de notre civilisation industrielle. Bien des marques ont existé, elles se comptent par centaines. Les industriels attribuaient un nom ou un numéro (parfois les deux) à chaque plume au fur et à mesure de leurs nouvelles fabrications. Les formes et les noms étaient souvent copiés par les fabricants concurrents qui se livraient une lutte acharnée, ce qui permet de retrouver aujourd'hui des milliers de plumes différentes par leur forme, leur couleur, leurs inscriptions...faisant ainsi le bonheur des collectionneurs. Pour les marques françaises (Baignol et Farjon - Blanzy Poure...), les noms attribués aux plumes évoquaient la forme, l'histoire ancienne, le patriotisme, la littérature, les grands hommes, la géographie, l'actualité...Dans les écoles françaises, les plumes préférées des élèves étaient la Sergent Major et la Gauloise. A partir de la fin du XIX° Siècle, les instruments "à la main" se perfectionnent et se sophistiquent pour plus de précision et plus de rapidité.

Article de Yllen Inaurut. Extrait de la Revue The Lion de Septembre 2008

 

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