Les structures fondamentales de l’alphabet sont un héritage des Phéniciens. À partir du Xe siècle, cet antique peuple de marchands a colonisé les rivages de la Méditerranée. Le système de base de leur langue est dérivé de l’écriture cunéiforme babylonienne. Au lieu J’un symbole par syllabe, les Phéniciens ont attribué un signe par son. Cette approche devait se révéler véritablement révolutionnaire : l’écriture phénicienne renonçant totalement aux symboles rappelant les pictogrammes, l’alphabet pouvait alors se réduire à un ensemble de lettres permettant d’écrire et de lire tous les mots avec exactitude. Les Araméens s’appuyèrent sur l’écriture phénicienne pour créer les caractères hébreux. L’araméen est la langue du Christ. L’écriture arabe est également dérivée de l’alphabet phénicien ainsi que des caractères hiératiques et démotiques des Égyptiens. Dans l’ÉLU musulman, l’écriture était considérée comme un service divin. Le manie ment du calame sur le cuir le papyrus et le parchemin, puis ultérieurement le papier évolua de la pure communication au statut de rituel calligraphique : les 99 noms d’Allah étaient peints dans le plus grand recueillement avec une somptueuse ornementation, à l’encre noire ou marron, de droite à gauche, parfois même avec ne encre dorée et argentée. En effet, calligraphier ainsi le nom de Dieu sous ses 99 appellations garantissait ct garantit encore la rédemption des péchés. « L écriture est un joyau façonné par la main à partir de l’or pur de l’intellect », disait Abu Haiyan al-Tawhidi, savant et calligraphe du II° siècle. La civilisation arabe s’est constituée sur l’écriture arabe. Selon la tradition, c’est par ces mots qu’Allah dicta la 96’ sourate au prophète Mahomet, vers 630 av. J.-c. De par le Jihad, la guerre sainte, l’écriture arabe s’est étendue via L’Afrique du Nord, l’Espagne, la Mésopotamie et la Perse jusqu’en Inde, et devint un bien culturel international, artistique et scientifique. Le calame est une plume longue de 20 à 30 cm affichant un diamètre d’environ un centimètre. Les meilleurs calames venaient du golfe Persique. Leurs manches étaient souvent recouverts d’ivoire ou de métal précieux. La pointe de la plume était raillée et polie individuellement avec des meules en fonction de la taille et du style de l’écriture. Avec un canif aiguisé, un porte-calame, un encrier et le sable destiné à sécher l’encre, les cala mes constituaient la panoplie d’un bon scribe. 

Extrait de STYLOS PLUMES ET CRAYON " La culture de l'écrit de Mr Barbro Garenfeld aux éditions H.F ULLMAN (ouvrage disponible à la boutique)  

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